Où en est la question chypriote?

Occupant l’actualité internationale depuis 1968, la question chypriote, pour laquelle une solution est attendue depuis près de 50 ans, est arrivée à un important stade

Où en est la question chypriote?

Occupant l’actualité internationale depuis 1968, la question chypriote, pour laquelle une solution est attendue depuis près de 50 ans, est arrivée à un important stade.

Les négociations chypriotes avaient été suspendues en mars 2012 et suite à l’adoption du texte de déclaration conjointe le 11 février 2014, les négociations directes avaient “té entamées dans l’objectif d’apporter une solution à cette question.

Même si ces négociations ont été bloquées de temps en temps, les leaders des deux communautés sur l’île M. Mustafa Akinci et M. Nikos Anastasidais ont surmonté plusieurs obstacles grâce à leur détermination et leur volonté pour une solution. Ils ont mis en place d’importants progrès sur les 5 chapitres principaux : Economie, Union européenne, Propriété, Terres et Partage des pouvoirs

Les leaders chypriotes se sont rencontrés pour la dernières fois du 7 au 11 et du 20 au 21 novembre 2016 au Mont Pèlerin en Suisse. Bien que ces négociations n’aient pas donné le résultat attendu, Les parties ont montré une nouvelle fois leur volonté pour la résolution de la question chypriote  et le1er décembre 2016, ils ont décidé de se retrouver le 9 janvier 2017 à Genève après avoir complété leurs préparatifs.

A la fin des négociations du 9 janvier, la Conférence de Chypre se tiendra le 12 janvier 2017 avec la participation des pays garants (Turquie, Grèce et Angleterre) et le processus prévoyant la résolution de la question chypriote s’approchera, selon plusieurs experts, d’une fin irréversible.

A la veille des négociations de Genève, les leaders chypriotes se sont entretenus plusieurs fois afin de rencontrer le moins de problèmes possible durant les négociations.

Le leader chypriote grec Nikos Anastasiadis a eu des entretiens à Athènes afin de déterminer la stratégie qu’il suivra avec la Grèce et le Premier ministre de la République turque de Chypre du Nord Huseyin Ozgurgun et le président chypriote turc Mustafa Akinci ont réalisé d’importantes prises de contact à Ankara.

Tout en évitant les déclarations qui pourraient remonter la tension, les parties chypriote turque et chypriote grecque ont annoncé qu’elles ne voulaient pas laisser une île divisée aux prochaines générations et qu’elles feraient de leur mieux pour la résolution de la question.

Nous constatons que du point de vue de la Turquie, l’attitude d’Ankara a toujours été en faveur d’une solution et que le président Recep Tayyip Erdogan dirige cette attitude.

En déclarant à la conférence de Genève qu’il représenterait la Turquie, il a montré une nouvelle fois qu’il était le pionnier concernant ce dossier.

La République de Turquie qui a toujours soutenu la République turque de Chypre du Nord, a très clairement exposé son attitude ne faveur d’une solution notamment à partir de 2012, d’ailleurs dans le processus du référendum (le plan Annan) de 2004, il a soutenu le « OUI », à la surprise de tous les milieux concernés.

Aujourd’hui, il donne son soutien total aux pourparlers qui en sont à leur dernière étape entre le président chypriote-turc Mustafa Akinci et le leader chypriote-grec Nikos Anastasiadis.

Au stade actuel, la Turquie et l’Angleterre, parmi les pays garants, ont déclaré qu’elles seraient à Genève.

Les regards sont tournés vers la Grèce…

Elle sera aussi à Genève le 12 janvier.

Le Premier ministre grec, Alexis Tsipras, n’a pas encore annoncé sa participation à la réunion à Genève, mais le fait qu’il procède notamment à des entretiens sur Chypre avec les autorités européennes en amont du sommet, montre bien qu’Athènes se prépare pour Genève.

Rappelons-le, des informations parues dans la presse grecque annonçaient que la conférence sur Chypre pourrait être annulée avant qu’elle ne commence.

Ces informations citent l’insistance de la partie turque pour le maintien de la présence militaire turque à Chypre et les garanties.

Les chapitres les plus critiques des pourparlers à Genève seront probablement la sécurité et les garanties. En effet, la partie chypriote-grecque insiste pour mettre un terme à la présence militaire turque sur l’île et défend qu’en tant que « pays » membre de l’UE, elle n’a pas besoin de garants.

Toutefois, c’est une chose inacceptable pour la communauté chypriote-turque après les conflits et massacres qui se sont produits entre 1963 et 1974.

S’il faut le rappeler, il avait été décidé que la Turquie, la Grèce et la Grande Bretagne soient des pays garants lorsqu’a été fondée en 1960 la République de Chypre qui n’a duré que 3 ans seulement. L’accord d’alliance signé entre ces pays avait ouvert la voix au déploiement de soldats de ces pays sur l’île par mesure contre les menaces étrangères.

Quant à deux chapitres importants, il s’agit des sujets de Propriété et de Terres.

La formation d’une délégation commune a été décidée au sujet des propriétés et terres abandonnées après 1974 par le Turcs quittant le Sud et les Grecs quittant le Nord. Un nombre égal d’experts des deux parties travailleront au sein de cette délégation. La délégation commune décidera d’un des trois choix concernant les lieux où se sont installés les demandeurs et les propriétés qu’ils ont abandonnées, c’est-à-dire rétrocession, échange et dédommagement.

Aucun consensus n’a encore été abouti au sujet des pourcentages dans le chapitre des terres. La République Turque de Chypre du Nord contrôle près des 35 % de l’île. Si un accord est établi, le taux de terre contrôlée par l’Etat Fédéré Turc de Chypre, pourrait baisser jusqu’à 29,2 %, a été exprimé à la table des négociations par la délégation. Toutefois, la délégation chypriote insiste sur un taux de 28,2 %.

S’il faut revenir à aujourd’hui, le fait que Chypre soit utilisé comme outil de marchandage du point de vue des relations Turquie-Union européenne, le rôle de la Russie dans la région et dans ce contexte son influence dans les équilibres, et le fait que l’île soit devenue importante du point de vues des couloirs énergétiques mondiaux avec la découverte ces dernières années de réserves d’hydrocarbure autour de l’île, soient devenus un choix important dans les négociations, rendent la question encore plus complexes.

Il est vraiment difficile de faire des préventions concernant le résultat qui sortira de Genève. Même à 10 jours du sommet, il y a encore d’importants points d’interrogation. Peut-être qu’il serait bénéfique de rappeler la déclaration suivante du président de la République Turque de Chypre du Nord, Mustafa Akinci, afin de pourvoir répondre aux attentes :

« Il y a plusieurs avancés dans certains sujets mais ce n’est pas un secret qu’il reste encore des points de divergences qui attendent encore des solutions. Les deux parties présenteront chacun leur carte le 11 janvier à Genève et les entretiens concernant les sujets de sécurité et de garantie seront traités dès le lendemain, le 12 janvier, avec la participation des pays garants. Nous ne sommes pas actuellement en mesure de pouvoir dire quel genre de résultat sortira à Genève. En tant que République Turque de Chypre du Nord, nous allons nous rendre à Genève avec tout notre souhait et notre détermination politique en vue de fonder un Nouvel Etat Fédéral Uni de Chypre basé sur deux parties, deux communautés et sur l’égalité politique de deux Etats fondateurs dans le cadre des paramètres sur lesquels un consensus a été abouti. »



SUR LE MEME SUJET