Le problème d'unité politique et d'intégration au sein de l'Union européenne (étude)

Deux des principaux points d’actualité de l’Union européenne ces derniers temps sont l’absence d’unité politique et la recrudescence des mouvements séparatistes

Le problème d'unité politique et d'intégration au sein de l'Union européenne (étude)

Après la décision du Royaume-Uni de quitter l’UE (Brexit), c’est la crise de Catalogne qui vient d’éclater. Toutefois cette décision n’a été reconnue ni par l’Espagne ni par les pays de l’UE. Le monde occidental récolte dorénavant en Europe, le fruit des politiques séparatistes qu’il a suivies au Moyen-Orient. Le temps montrera si la crise catalane restera limitée à l’Espagne ou si elle deviendra une question européenne.

Il est possible de lier la question catalane à la crise économique survenue en 2008. Quand la crise a frappé l’Espagne, les Catalans ont commencé à se demander pourquoi c’est eux qui en payaient surtout le prix. En effet, ce centre régional d’une population de 7,5 millions d’habitants constitue une des régions les plus riches d’Espagne. Les Catalans accusent le gouvernement de ne pas investir assez dans la région alors qu’ils contribuent autant à l’économie. Suite à l’accroissement de ces plaintes et critiques, ils ont organisé en 2014 un référendum non officiel et 80% des électeurs se sont prononcés en faveur de l’indépendance. Trois ans après ce résultat, lors du référendum organisé le 1er octobre 2017, 90% des Catalans ont voté pour l’indépendance. Cependant, le gouvernement espagnol a estimé que ce référendum était contraire « au principe d'unité indissoluble de la nation espagnole ». Par la suite, la Cour constitutionnelle espagnole a annoncé qu’elle suspendait la déclaration d’indépendance de la Catalogne et a décidé de pénaliser les responsables. La semaine dernière, l’administration de Madrid a destitué le gouvernement catalan et abroger le statut d’autonomie de la Catalogne.

Les pays européens se sont portés aux côtés du gouvernement espagnol. « La souveraineté de l’Espagne et son intégrité territoriale sont et restent inviolables » a affirmé l’Allemagne. De son côté, le président français Emmanuel Macron a indiqué que le gouvernement de Madrid était leur seul interlocuteur. En outre, le président du Conseil européen Donald Tusk et le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker ont dit ne pas souhaiter de « division au sein du Bloc européen ».

En résumé, les forces occidentales qui ont cherché à répandre le virus séparatiste dans de nombreuses régions, mais surtout au Moyen-Orient, suivant le principe « de diviser pour mieux régner », sont contaminées aujourd’hui par leur propre virus. Les pays membres de l’UE ont montré la même approche hypocrite lors des négociations d’adhésion de la Turquie, surtout en matière politique. Il existe des mouvements séparatistes politiques réclamant leur indépendance dans de nombreuses régions d’Europe, notamment au Royaume-Uni, en France, en Italie, au Danemark, en Belgique, en Croatie et en Pologne. De ce fait, la question catalane va jouer le rôle de catalyseur pour l’avenir politique de l’Europe. Par conséquent, l’approche négative ou positive qu’adoptera l’Europe à ce sujet, influencera de la même manière son unité et son intégrité politique.



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