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La position de l'UE face à la décision de Trump sur Jérusalem (étude)

Les membres de l’Union européenne, qui, ces derniers jours se distancent des Etats-Unis en raison de leurs relations politiques et stratégiques avec ce pays, ont critiqué la décision du président Trump concernant Jérusalem

La position de l'UE face à la décision de Trump sur Jérusalem (étude)

Ces derniers jours, certains pays dont les Etats-Unis et Israël en tête, souhaitent faire souffler un courant révisionniste qui ébranlera le système international. Il n’y a aucun doute que le Moyen Orient est la région la plus affectée par ce courant. L’ouverture des débats sur les frontières au Moyen Orient et la décision malencontreuse du président Trump, devraient être traitées dans ce contexte. Car la décision du président Trump reconnaissant Jérusalem comme la capitale d’Israël, annoncée le 6 décembre, a suscité de vives réactions de la part d’un grand nombre de pays dans le monde dont des membres de l’Organisation de la coopération islamique (OCI) ainsi que de la Russie et des pays européens. Ces réactions reposent sans nul doute sur le fait que la décision soit contraire aux règles du droit et de la politique internationales et qu’elle n’ait pas de légitimité. Car, cette décision du président Trump est en contradiction avec la décision relative aux frontières de la Palestine prise à l’Assemblée générale des Nations Unies le 29 novembre 1987 mais également avec la décision numéro 478 prise en 1980 par le Conseil de sécurité de l’Onu, rejetant l’annexion par Israël de Jérusalem Est, ainsi qu’avec les autres décisions concernant la question. Par ailleurs, de son côté, l’OCI n’a pas reconnu cette décision et a proclamé Jérusalem Est capitale de la Palestine.

Les membres de l’Union européenne, qui, ces derniers jours se distancent des Etats-Unis en raison de leurs relations politiques et stratégiques avec ce pays, ont critiqué la décision du président Trump concernant Jérusalem. La chef de la diplomatie européenne Federica Mogherini a fait savoir qu’ils étaient très préoccupés par la déclaration de Trump de reconnaitre Jérusalem comme capitale d’Israël. Dans un communiqué, Mogherini a précisé la nécessité d’amorcer les négociations et de trouver une solution de sorte à ce que Jérusalem soit la capitale des deux parties. Notant que l’Union européenne soutiendra uniquement une solution à deux Etats, Mogherini a précisé que la déclaration de Trump a le potentiel de retourner la situation à des ères plus sombres que l’état actuel.

La dernière évaluation de Mogherini est importante de plusieurs points de vue et souligne que la situation peut dérailler et causer de graves résultats. Le premier point important, est la mise en exergue de la réalité selon laquelle Jérusalem ne peut être délaissé sous l’administration politique d’un Etat autant pour des raisons historiques que religieuses. Le second point, est qu’une décision dictée, contraire au droit internationale et illégitime, prise concernant Jérusalem, peut engendrer des guerres sanglantes rappelant le passé comme à l’époque des Croisades. Ou en d’autres termes, elle peut causer la mise en application de la thèse du conflit entre les civilisations qui avait été exprimée dans les années 1990.

Une autre critique et opposition forte à ce sujet, a été exprimée par l’Allemagne. La chancelière allemande, Merkel a déclaré qu’elle ne soutenait pas la décision de Trump. De son côté, le porte-parole du gouvernement allemand a indiqué qu’il fallait déterminer le statut de Jérusalem dans le cadre d’un modèle à deux Etats. Dans une déclaration à Bruxelles, le ministre allemand des Affaires étrangères Sigmar Gabriel a, de son côté, déclaré que l’Allemagne comme un grand nombre d’autre pays du monde, était préoccupée par la probabilité de la reconnaissance de Jérusalem comme capitale d’Israël. L’opinion publique allemande soutien également son gouvernement, a-t-on constaté. Selon un sondage d’opinion publique, 64 % de la population allemande n’approuve pas la décision du président Trump. Des réactions similaires ont également été exprimées par le gouvernement français. Le président français Emmanuel Macron a qualifié la déclaration de Trump, de décision unilatérale et navrante, et affirmé que la France ne soutenait pas cette décision. Des approches similaires ont été affichées par les autres pays membres de l’Union européenne.

En conclusion, les pays de l’UE, la Turquie et un grand nombre d’autres pays musulmans adoptent des approches semblables aussi bien au sujet du statut de Jérusalem que de la résolution de la question palestinienne. Cette situation représente un terrain politique et diplomatique commun aussi bien entre la Turquie et les membres de l’Union européenne, qu’entre les pays musulmans entre eux. La Turquie peut, en particulier, utiliser ce terrain fructueux en le soutenant avec une politique active et multidimensionnelle, tant au sujet du statut de Jérusalem et de la résolution de la question palestinienne, que dans ses relations avec l’Union européenne.



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