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Élections parlementaires régionales au Nord de l'Irak

Étude du Dr. Cemil Dogac Ipek, enseignant en Relations internationales à l’université Karatekin...

Élections parlementaires régionales au Nord de l'Irak

Les élections parlementaires régionales ont eu lieu il y a quelques jours dans l’administration régionale du Nord de l’Irak. Dans notre programme de cette semaine, nous allons analyser ces élections organisées au nord de l’Irak et leurs effets sur la politique étrangère de la Turquie.

Les Irakiens qui vivent à Arbil, Souleimaniye et Duhok se sont rendues dans les urnes afin de déterminer les 111 députés du parlement régional lors des élections parlementaires qui se sont déroulées le 30 septembre 2018 dans l’administration régionale kurde d’Irak (ARKI). Comparées aux précédentes élections parlementaires régionales, ces élections ont été moins vives et les développements qui se sont produits le jour des élections ont causé de grands débats.

Du point de vue de son contenu et du milieu dans lequel ces élections se sont déroulées, il y a deux importantes différences dans de ces élections comparées à celles de 2009 et 2013. L’importante différence de cette élection comparée aux précédentes ; contrairement aux deux dernières élections ; elle s’est déroulée en même temps que les élections présidentielles régionales. Ces élections se sont tenues durant la période après le vide formé à la suite de la démission de son poste de Massoud Barzani à la suite des développements de 2007, ainsi qu’après les débats relatifs à la ‘loi principale’, la durée du mandat du président et de sa réélection. C’est pourquoi, les élections parlementaires régionales n’ont pu être organisées que le 30 septembre. La seconde importante différence de ces élections comparées aux précédentes, est qu’elles se soient tenues dans une atmosphère économique et sociale plus différente. Les manifestations qui ont été organisées ces six derniers mois à cause des problèmes économiques en particulier à Souleimaniye à l’Est du pays, avaient été réprimées violemment. C’est pour cette raison que la réaction de la population face aux problèmes économiques qui haussent, était source de curiosité.

Il faut d’abord souligner qu’une forte baisse a été enregistrée dans le taux de participation lors de ces élections comparées aux précédentes. Le taux de participations aux élections de 2013 était de 73 %, ce taux a été de 57,96 % lors de ces élections. En réalité, selon diverses évaluations publiques faites le jour des élections, le taux de participation était bien en dessous de ce taux. Il y a environ 10 % de différences concernant les premières déclarations faites à la fermeture des bureaux de votes à Arbil mais aussi à Souleimaniye et les déclarations officielles faites plus tard. Cette différence a fait hausser les soupçons concernant le taux de participation. De plus, l’Union des Patriotes du Kurdistan, UPK, qui est active au sein de l’ARKI, et des partis comme celui de la Nouvelle Génération ont avancé qu’il y a eu des tricheries durant les élections. Des électeurs utilisant de fausses pièces d’identité auraient participé aux élections à Arbil et Souleimaniye, à tel point que ces tricheries peuvent affecter le résultat des élections, ont-ils avancé. Toujours selon des images photos et vidéos qui ont été partagées par les sources publiques, il y a de sérieuses preuves selon lesquelles au terme des élections des hommes armées ont fait irruption dans les bureaux de votes, neutralisé les personnes chargées des urnes et maltraité les témoins envoyés par les partis. C’est pourquoi, il parait assez difficile de faire une analyse concernant le soutien de la population aux partis politiques dans l’ARKI en se fiant aux voix et au taux remporté par les partis lors des élections. D’autre part, les choix des peuples nous donnent une idée pour mesurer en particulier le soutien accordé au parti d’opposition.

Comme prévu le Parti Démocratique du Kurdistan, PDK, active au sein de l’ARKI, est arrivé premier parti lors des élections. Les résultats définitifs n’avaient pas encore été annoncés lors de la rédaction du programme, toutefois selon les résultats actuels, le PDK devrait remporter environ 45 sièges. En plus de cela, au moins 9 des 11 députés proches du KDP, paraissent avoir remporté des sièges au parlement via le quota des minorités. Au terme des résultats électoraux définitifs, le KDP parait pouvoir obtenir avec 2 ou 3 sièges le vote de confiance au parlement, qui nécessite 56 sièges. C’est pourquoi nous pouvons considérer que le KDP est le principal vainqueur des élections.

Quant à L’UPK, il est arrivé une nouvelle fois second parti des élections malgré toutes les objections et problèmes vécus le jour des élections. Durant cette période, l’UKP fera tout ce qu’il peut pour faire partie du gouvernement. Outre sa puissance au parlement, les peshmergas qu’il possède et dont le nombre est presque égal à celui du PDK, fait de l’UPK un parti que l’on ne peut pas négliger. La plus grande différence du PDK comparé aux autres partis, est qu’il est dans une position où il ne se soumettra pas aux pressions pouvant venir de l’UPK ou bien des autres partis, grâce à sa force militaire et à sa large structure en matière de parti politique. D’autre part, il est probable que l’élection de Barham Salih au poste de président de l’Irak mette fin à la période houleuse vécue depuis un long moment au sein de l’UPK.

Le Parti Goran qui avait enregistré la plus importante hausse lors des précédentes élections, continue quant à lui sa chute depuis cette date. La lutte de pouvoir au sein du parti Goran se poursuit depuis la mort de son leader Nachirvan Mustafa. Les débats continuent entre les anciens et les nouveaux candidats à la tête du parti. Comparée à la précédente élection, la chute du nombre de siège et de voix pour le parti, causera probablement la perte de son siège à l’actuel président du parti Omar Seyit Ali. D’autre part, le Parti du mouvement de la nouvelle génération qui a participé pour la première aux élections parlementaires de l’ARKI, a maintenu sa continuité bien qu’il ait enregistré des pertes de voie comparé aux élections de mai 2018. La nouvelle destination des opposants qui sont contre l’UKP et le PDK, pourra être le Parti du mouvement de la nouvelle génération au cas où le mouvement Goran s’affaiblissait.

La première chose que le processus électoral et leurs résultats, nous indique est la suivante ; si les tendances socioéconomiques actuelles continuent dans l’ARKI, la probabilité de l’apparition d’un milieu de confusion auquel les institutions politiques actuelles de la région ne pourront pas trouver de solution, est forte. Le fait que la population est de moins en moins foi aux institutions politiques, cause la diminution du taux de participation aux élections. C’est pourquoi comme ce fut le cas lors des incidents (vécus dans la ville de Bassorah en Irak), nous pouvons assister à partir de maintenant, à des manifestations totalement hors de contrôle des partis politiques et à leur répression sanglante.

Lorsque nous traitons le sujet du point de vue de la politique étrangère turque, et nous tenons compte des transformations locales, régionales et mondiales, il est possible de prévoir que les relations entre Ankara et Arbil reprennent forme dans le cadre des conditions actuelles. Il n’est pas possible de tout oublier concernant le passé suivant la nature des relations internationales, toutefois il est probable que les deux parties rebâtissent de nouveau des relations et un avenir conjoint dans la base des intérêts communs et dans le cadre des conditions réciproques.



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