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Processus d'élargissement du Conseil des pays turcophones

Etude du Dr. Cemil Dogac Ipek, chercheur en Relations internationales à l’université Karatekin

Processus d'élargissement du Conseil des pays turcophones

          Le sixième sommet du Conseil des pays turcophones a été organisé le 3 septembre 2018 dans la ville kirghize de Tcholponata. Le thème principal du sommet était « La Jeunesse et les sports nationaux ». Le sommet s’est déroulé sous les auspices du président kirghize Sooronbay Jeenbekov. Le président turc Recep Tayyip Erdogan, le président kirghize Nursultan Nazarbaïev et le président azerbaïdjanais Ilham Aliev ont aussi participé au sommet. Le président ouzbèke Shawkat Mirzioïev et le Premier ministre hongrois Victor Orban était les invités d’honneur.

          On ne peut entièrement analyser les résultats du changement et de la transformation non-terminée dans le système international, un processus amorcé après la fin de la Guerre Froide. Il semble évident que certaines tendances vont revêtir beaucoup d’importance dans un avenir proche. Les mouvements de capitaux, les activités commerciales et les développements technologiques se répandent sous un aspect supranational. Cette expansion et l’intensification qu’elle apporte, lient par des liens d’intérêt étroits, les individus de différentes nations et les groupes d’intérêt au-delà des frontières. Dans ce contexte, l’expérience du Conseil turcophone est une notion sur laquelle il faut s’attarder sérieusement sur différents points.

          Le Conseil turcophone est une organisation internationale fondée en 2009 afin d’encourager une coopération compréhensive entre les pays turcophones. Les pays fondateurs du Conseil turcophone sont l’Azerbaïdjan, le Kazakhstan, le Kirghizistan et la Turquie. Le Turkménistan, en raison de son statut de « Pays neutre », et l’Ouzbékistan en raison de certains différends politiques du passé, n’ont pas adhéré au Conseil. Mais le président ouzbèke Shawkat Mirzioïev affiche un intérêt très étroit au Conseil turcophone. Donc dans un avenir proche, je m’attends à l’adhésion de l’Ouzbékistan. L’intention de l’Ouzbékistan d’adhérer au Conseil turcophone est importante pour l’élargissement du Conseil et le développement de l’intégration de ce pays dans le monde turc. Il semble possible dans un avenir proche de voir l’Ouzbékistan adhérer au Conseil turcophone, or il travaille pour développer ses relations et sa coopération avec le Kazakhstan, le Kirghizistan, le Turkménistan et la Turquie. D’ailleurs l’octroi du statut d’observateur à la Hongrie qui est membre de l’UE, permettra au Conseil turcophone d’accroitre son importance régional et global. En outre, une décision a été prise au sommet pour soutenir l’obtention par le Conseil turcophone du statut d’observateur. En tenant compte de cette décision, le Conseil turcophone doit se pencher davantage sur les travaux d’adhésion et d’observation. Donc le sixième sommet porte une importance essentielle pour l’élargissement du Conseil turcophone et l’intégration du monde turc.

          Durant ce sommet, le Kazakhstan a remis la présidence du conseil au Kirghizistan. Les travaux du conseil entre 2014 et 2018 ont été résumés et de nouvelles décisions ont été prises pour obtenir d’importants succès à l’avenir. A l’issue du sommet, les parties ont signé la Déclaration de Tcholponata et l’octroi du statut d’observateur à la Hongrie. Elles ont, en outre, approuvé « Le document notionnel de l’Intégration des pays turcophones », la décision d’appuyer les efforts du Conseil turcophone d’obtenir un statut d’observateur à l’ONU et le Communiqué conjoint sur le renforcement de la coopération dans le domaine de la jeunesse et les sports nationaux. Par ailleurs, les chefs d’Etat ont approuvé la nomination de l’ambassadeur kazakh en République islamique d’Iran, Baghdad Amreyev, comme secrétaire général du Conseil turcophone, d’Omer Kocaman au poste de secrétaire général-adjoint et de Darkhan Kydyrali en tant que président de l’Académie internationale turque. 

          La proposition présentée au sommet par le président de la République de Turquie, Recep Tayyip Erdogan sur l’utilisation de monnaie locale dans les échanges entre les pays membres, a retenu l’attention. Il est possible de dire que cette proposition présentée est importante pour tous les Etats membres surtout en une période où la concurrence géopolitique globale et régionale est plus serrée et les guerres commerciales se sont de plus en plus intensifiées par des sanctions économiques. Or la chute des prix du pétrole depuis quelques années et la situation de l’économique mondiale ont fait dévaluer les monnaies nationales de l’Azerbaïdjan, du Kazakhstan, du Kirghizistan et de l’Ouzbékistan face au dollar.

          Les projets des « 100 nouvelles personnalités du monde turc » et des « Lieux sacrés du monde turc », présentés par le président kazakh Nazarbayev, seront très importants pour renforcer les relations historiques et l’unité des pays turcs mais aussi pour contribuer que la promotion de la culture partagée des peuples turcs à travers le monde. Si lesdits projets sont intégrés au projet de « Tour de la Route moderne de la Soie », cela pourrait contribuer sérieusement au développement du tourisme dans tous les pays membres.

          La ratification du « Document notionnel de l’Intégration des pays turcophones » est importante or cela conduira à des démarches sérieuses pour la coopération dans le monde turc et au sein du Conseil turcophone. En outre, il faut définir les décisions et plans stratégiques qui permettraient au Conseil turcophone d’accroitre son influence régionale et globale et qui concerneront les activités à court et moyen terme du Conseil et des pays membres sur l’organisation.   

          Plusieurs décisions importantes ont été prises à ce sommet pour le renforcement des relations politiques, commerciales, économiques, sociales et culturelles entre les pays membres du Conseil turcophone. De plus, il est possible de dire que c’est un sommet historique pour l’avenir du Conseil turcophone. Le Conseil turcophone peut potentiellement acquérir une structure semblable à celle de l’Union européenne, sous la coordination des organisations intergouvernementales de coopération et de culture et grâce à son potentiel économique et énergétique. Mais en raison de la situation économique et de la force politique des pays membres ainsi que la conjoncture mondiale, cela peut être considéré comme un objectif à long terme.



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