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Les principes universels relatifs à l’enseignement 2

Une étude du Prof. Dr. Kudret Bulbul, doyen de la Faculté des Sciences politiques de l’université Yildirim Beyazit d’Ankara

Les principes universels relatifs à l’enseignement 2

Les principes universels relatifs à l’enseignement 2

Dans le programme que nous avons réalisé quelques semaines auparavant, nous avions indiqué qu’un bon enseignement se propageait tout autant qu’un mauvais enseignement, qu’un enseignement dans un autre pays influençait notre vie et que pour ces raisons, il fallait des principes universels relatifs à l’enseignement. Après avoir traité la situation de l’enseignement dans le monde, nous avions précisé que les deux premiers principes étaient la conscience de la justice qui sera donnée à l’individu et l’importance d’une philosophie d’enseignement qui a pour objectif de former des individus non pessimistes.

Continuons à partir de là.

 

3) Un enseignement qui forme des individus dotés de valeurs morales générales

 

Ceci revient à accepter que les individus qui constituent la vie sociale, se comportent suivant les principes et en respectant les valeurs morales générales. Ce qui rend la vie « vivable », c’est le fait que les individus soient dotés de ces principes. C’est notre hypothèse selon laquelle ils ne voleront pas, n’attaqueront pas l’autrui, ne se comporteront pas mal envers les autres et ne mentiront pas. Imaginons un instant que nous sortons de chez nous sans tout cela. Avant tout, pourrions-nous sortir de notre maison ? Comment pourrions-nous avancer si nous ne sommes pas sûrs que nous ne serons pas agressés dès notre sortie de la maison ? Et si nous avons peur de nous faire racketter à tout instant ? Si tout le monde se comporte mal ? Si les gens, au lieu de gagner leur vie en travaillant, cherchaient à se pourvoir de biens sans travailler et sans le mériter ?

Les exemples peuvent se multiplier. Est-ce que la vie sociale peut continuer dans une telle atmosphère sauvage ? Former des individus dotés de valeurs morales générales doit être un des principaux objectifs de l’enseignement. Ce n’est pas si difficile de définir ces valeurs générales. Elles sont plus ou moins respectées même dans les cultures différentes.

 

4) Un enseignement qui apprend à travailler

 

Les principes qui vont suivre sont plus en rapport avec le contenu et la méthode de l’enseignement. Les trois principes évoqués précédemment (l’enseignement axé sur la justice, la perception positive et la moralité) sont les valeurs fondamentales qui doivent servir de base à tout type et tout niveau d’enseignement. L’enseignement dénudé de ses valeurs peut engendrer de grands dangers pour l’humanité. Les guerres mondiales qui poussent l’humanité vers les catastrophes, les murs de sécurité qui ne cessent de s’élever et toutes les inventions visant à tuer au lieu de faire vivre, sont des choses que réussissent à faire les personnes ayant reçu un enseignement qualifié et non pas des personnes dépourvues d’un enseignement. Tous ces problèmes, toutes ces souffrances ne peuvent être crées qu’avec un enseignement très qualifié. Ces valeurs protégeront les êtres dans de nombreux domaines comme dans celui de l’enseignement. La déclaration du prophète Mohammed « Je me réfugie auprès de Dieu de tous savoir inefficaces », souligne cette attitude morale très importante. Faites attention, il souligne qu’il faut s’abstenir non pas du savoir nocif, mais du savoir inefficace…

Revenons aux principes… Travailler et avoir de nouvelles activités chaque jour sont des efforts efficaces pour nous-même, notre entourage et l’humanité. Un  mode de vie paresseux, comme celui d’un parasite, l’obtention de gain non pas par ses propres efforts, mais à travers ceux d’autrui, détérioreront les sociétés. Dans ce cadre, l’enseignement doit apprendre aux individus à percevoir toute profession comme sacrée, doit encourager le travail dans chaque profession et enseigner que le travail en lui-même est une valeur.

 

5) Un enseignement pluraliste, non uniforme et diversifié selon le potentiel de chacun

 

Le style d’enseignement massif et uniforme s’est répandu dans le monde entier. Cet enseignement populaire a facilité l’accès à l’enseignement pour tous. En même temps, cette méthode a supprimé les diversités et « uniformisé » les individus. Or, tout individu est une vie toute autre.

Comme l’a dit Cheikh Galip :

« Aime ta personne, tu es l’essence de l’univers

Tu es l’être humain qui est la prunelle des yeux de l’univers »

L’enseignement ne doit pas donner à tous la même chose, il doit encourager chacun à faire ressortir son potentiel et avec ce potentiel, à mener des activités fructueuses pour lui-même et la société.

 

6) Un enseignement en harmonie avec la vie

 

Dans la méthode d’enseignement traditionnel, les individus étaient formés directement en plein travail avec un enseignement d’apprenti/maître. Actuellement l’enseignement et les institutions d’enseignement sont plus professionnels, mais par conséquent, nous remarquons que cet enseignement est partiellement distinct de la réalité de la vie et donc, trop théorique. 

« L’enseignement est ce qui reste quand l’individu oublie tout ce qu’il a appris à l’école » a dit Einstein. Si l’objectif de l’enseignement est de préparer l’individu à la vie, alors il ne peut être donné uniquement à l’école. Les établissements scolaires doivent être en coordination avec les ONG, le secteur privé, les académies, et les institutions auxquels les individus auront à faire à l’avenir.

 

7) Un enseignement axé non pas sur l’apprentissage par cœur, mais sur la réflexion et la découverte

 

L’enseignement n’est pas un effort visant le passé, mais l’avenir. Bien sûr on doit enseigner aussi l’histoire, mais tout cela doit servir à mieux comprendre l’avenir et à produire de nouvelles choses. Un enseignement qui, au lieu de nous pousser à réfléchir, nous apprend à répéter ou à apprendre par cœur, ne nous portera pas à l’avenir. Les individus ne peuvent découvrir leur potentiel qu’en s’interrogeant et en réfléchissant. L’enseignement doit servir de base pour la découverte de soi.

Nous pouvons également évoquer comme principe, un enseignement centré sur la société civile et le secteur privé contrôlés et coordonnés par l’État. Ou bien cette situation peut être traitée comme une méthode d’enseignement. Nous en parlerons dans un autre programme.

Évidemment, le nombre de principes peut augmenter. Mais il sera difficile de les évoquer tous durant ce programme. Ceux qui s’intéressent à ce sujet peuvent lire ma recherche « Quelle jeunesse dans une ère mondiale ».

Nul doute, avoir reçu un bon enseignement est très important. Nous ne savons pas où peuvent mener un individu ou une société dépourvus de ces principes. Si ces principes ne sont pas transmis durant l’enseignement, nous créerons alors de nouveaux Frankenstein par la voie de l’enseignement. Ceux qui aujourd’hui, fusillent leurs camarades de classe, mettent du poison ou des aiguilles dans les aliments, qui poussent l’humanité de catastrophe en catastrophe, ne sont pas des personnes ignorantes. Généralement, ce sont des personnes bien formées, dépourvus de principe, qui n’éprouvent pas le besoin d’utiliser ce savoir pour l’intérêt de l’humanité.

La raison pour laquelle nous donnons un savoir et tout autant, voire même plus important que le contenu de l’enseignement.

 

 



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